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De la catégorie „Histoire“ (Nouvelles / français):

Pascal Othon

Errance

Il fait trop chaud. Je m’arrête. Je suis épuisé et je respire mal. Ma gorge me fait atrocement souffrir. Je porte instinctivement ma main droite dessus et j’observe le liquide poisseux qui se répand entre mes doigts. À ce moment-là, j’entends la voix de mon père résonner dans mon crâne douloureux. Mon fils, dans ta vie, évite les problèmes. Dans le cas où ce ne serait pas possible, rappelle-toi que rien n’est figé et que les choses peuvent toujours s’arranger. J’avais quinze ans, et je lui avais fait un signe de tête affirmatif tandis qu’il épongeait le sang qui coulait de mon nez abîmé par le poing d’un camarade d’école. J’admirais sa façon de formuler les phrases.

Le soleil me cuit la peau au fur et à mesure que j’avance sous le vent brûlant du désert. La vision d’une fontaine d’eau fraîche me tourmente. Devant moi, les dunes arides s’étalent à perte de vue. Je ressens soudain l’envie absurde de creuser le sol afin de me terrer dans ses profondeurs humides. En pensant cela, une drôle d’impression parcourt mon corps, et je me retrouve malgré moi à exécuter la danse de la pluie en chantonnant un air ridicule entendu je ne sais ou. Je m’immobilise au bout d’un moment, haletant, pendant qu’une douleur lancinante vrille mes tempes. Je reprends ma marche au hasard d’une direction tout en me demandant si je perds la tête.

 

De nouveau, une brève vision assez violente. Il fait nuit et je conduis toujours le même 4x4. Je stoppe aux abords d’une route sablonneuse qui semble déserte. Il y a deux types avec moi, l’un à ma droite et l’autre à l’arrière. Les traits de leurs visages sont brouillés. Comme la première fois, je n’arrive pas à les identifier. Celui qui se trouve derrière moi veut descendre à cause d’une envie pressante. Une fois à l’arrêt, je l’observe courir vers un talus en se tenant le bas du ventre. Le gars à mes côtés et moi sommes d’un coup aveuglés par une forte lumière provenant d’un bosquet à cinq mètres en face de nous. J’entends ensuite un claquement sec qui résonne dans l’air, suivi d’un cri aigu. Des éclats de verre voltigent devant mes yeux et quelque chose me frappe à la base de mon cou. Après, le trou noir.

Quand je retrouve mes esprits, je suis agenouillé quelque part dans ces étendues sablonneuses, en train de fixer mon ombre étalée sur le sol par les derniers rayons du soleil.

Fiston, dans le cas où les choses tourneraient mal pour toi, relève la tête, regarde devant toi et va de l’avant tant que tu peux. N’oublie jamais cela. Encore une autre recommandation de mon père. Il en était au stade terminal d’une longue maladie et je me trouvais à ses cotés quand il me murmura ses mots avant de s’éteindre. Et de nouveau les flashs qui me tombent dessus. J’ai relevé la tête, papa !

J’aperçois des formes inertes. Le 4x4 que je conduisais auparavant est encastré sur un coupé aux phares aveuglants. Un corps, dont la moitié inférieure disparaît sous un amas de métal tordu, penche mollement sur son capot. Ensuite, j’erre dans la nuit sans buts précis.

 

La silhouette dans le désert

La soif me sort de ma torpeur. Je me relève péniblement, et je sens à ma faiblesse que mon corps se vide de ses forces. En baissant ma tête, je réalise pourquoi. Sur le devant de ma chemise, une tache rouge s’étale sur toute sa surface. La blessure à ma gorge paraît plus sérieuse que je ne l’imaginais. Soudain, je suis couvert d’effroi. Je vais mourir à petit feu, à des kilomètres de chez moi, de ma femme et de mes enfants. Je suis exténué et je n’en peux plus. Je me sens impuissant et seul au monde. En désespoir de cause, je tente de boucher l’orifice dans mon cou avec mon doigt, mais la douleur est telle que je hurle comme un fou. À ce moment-là, mon corps tout entier se met à trembler et je chute lourdement sur le sol. Mon esprit plonge dans une danse infernale ou je me vois lutter pendant une éternité avec quelque chose de monstrueux qui essaye de s’emparer de moi.

Alors que je divague sous une chaleur oppressante, les yeux à demi-clos, une ombre qui bouge à des kilomètres de ma position attire mon attention. Dans l’instant qui suit, je me retrouve comme par magie debout, le regard rivé sur la forme ondoyante. Pris d’un élan subit, je lève ma main droite en l’air en sa direction. Je recommence le même mouvement de la gauche, puis je m’immobilise, observant sans ciller la silhouette disparate. En réponse à mes gesticulations, celle-ci, prise d’une soudaine impulsion, s’élance vers moi à toute allure. Je me retourne pour courir, mais mes jambes se dérobent. Quand j’essaye de comprendre pourquoi, le sol rejoint brutalement mon nez et je perds une nouvelle fois connaissance.

J’émerge de nouveau de mon inconscience, car je manque d’air. Quelque chose de lourd pèse sur mon coup et m’étouffe. Lorsque j’ouvre complètement mes yeux, un visage rouge de haine me fixe avec une rage démente. Des mains enserrent ma gorge avec une telle force que je me sens partir dans un état proche du coma. Je ne peux pas croire que ma vie s’arrête là, dans un endroit désert. Brusquement, le type qui m’étrangle voltige à plus de deux mètres de hauteur avant d’atterrir dix mètres plus loin. J’aspire l’air chaud par goulée pendant que mes yeux à demi clos surprennent une silhouette floue qui se précipite vers le gars qui voulait m’occire, se jette dessus et lui balance une flopée de coups magistraux à étourdir un éléphant.

Je me trouve encore à terre à respirer à plein poumon quand une forme ondulante sous les vapeurs de la fournaise arrive vers moi. Celle-ci me tend quelque chose que mes paupières gonflées ont du mal à percevoir.

— Relève-toi petit. Allez, il est temps d’aller de l’avant.

C’est ce que j’entends en voyant une main familière se dessiner devant moi. Je veux la saisir, comme dans le temps, mais un voile noir m’enveloppe et me précipite dans un cauchemar vivant.

 

Avant que tout commence

On se rend chez l’un de nos potes afin d’enterrer sa vie de garçon. L’ambiance est à la franche rigolade pendant que l’on roule sur une route secondaire. Steph à ma droite n’arrête pas de m’asticoter sur ma façon de conduire, ce, auquel je réponds qu’il ne ferait pas mieux. David, assis derrière, sa tête penchée entre nous deux, prend mon parti ou le sien à sa convenance. Au bout d’un moment, il commence à se tortiller sur place lorsqu’il aperçoit devant nous un endroit adéquat pour se soulager.

— Greg ! Gare toi là, vite ! Je ne vais pas tenir longtemps !

— OK ! Pas besoin de me crever le tympan, andouille ! lui dis-je en braquant à gauche sur une mince bande de terre qui borde la route.

David sort précipitamment et court en direction d’un bosquet d’arbustes.

— Ce n’est pas lui qui se disait capable d’enfiler une vingtaine de canettes avant d’ouvrir le robinet. Sur ces mots, je me tourne vers Steph et le fou rire nous prend dans la foulée.

J’ai à peine le temps d’apercevoir Steph cligner des yeux qu’un éblouissement me surprend et m’aveugle. Dans la seconde qui suit, une détonation me fait tressauter sur mon siège. Comme dans un mauvais rêve, David, que je perçois du coin de l’œil, s’effondre à trois mètres de moi alors qu’il se retournait vers nous.

Je constate, une main sur mon front, que la source de lumière provient des phares d’une voiture camouflée à l’arrière d’un grand buisson d’épineux à quelques mètres de nous. Deux silhouettes se dessinent à l’intérieur du véhicule qui ressemble à un coupé sport de couleur rouge. L’un d’eux, assis sur le siège passager, observe la scène tandis que le conducteur, dissimulé derrière sa porte entrouverte, pointe par la vitre baissée une arme en notre direction. Un éclair jaune jaillit au bout du canon et perce un trou sur le côté de mon pare-brise, projetant sous l’impact une myriade de bouts de verre sur mon visage. Je ressens une piqûre brûlante au niveau de mon cou. Steph se jette au sol en dessous de la boîte à gant dans un réflexe de survie. En quelques instants, un liquide chaud coule de ma gorge. Dès que je comprends de quoi il s’agit, j’appuie brutalement la pédale d’accélération et le 4x4 bondit en avant. Tétanisé, j’ai juste le temps d’apercevoir un rictus sur la face de l’individu qui ajuste son arme en ma direction, avant de voir sa portière s’aplatir sur son corps au moment où mon véhicule la percute de plein fouet. L’airbag se déclenche et me plaque violemment contre mon siège. Je lâche la pédale et le moteur cale.

Groggy, mais encore conscient, j’ai surpris, avant de me prendre l’airbag dans la poire, l’autre passager du coupé en train de s’éjecter lors de la collision. Je repousse fébrilement le coussin gonflant et détache aussi vite que possible ma ceinture. Steph, replié sur ses genoux, ses deux mains sur son crâne, reste immobile. Dans l’instant, quelque chose bouge de son côté, à quelques pas de sa portière. Dans l’urgence, j’ouvre aussitôt la mienne avec le maximum de bruit pour attirer le danger de mon côté, puis je m’élance en direction des arbustes pour détourner l’attention. Dans les secondes qui suivent, le gars bondit de derrière mon 4x4, et se jette sur moi dans un cri de rage, un poignard énorme dans l’une de ses mains. Je ne sais pas comment et à quel moment je me suis emparé d’une clé à molette, mais je le frappe de plein fouet dans le nez sans réfléchir. Il s’écroule net. Dans l’élan, je perds mon équilibre et tombe en même temps que lui. Quelque chose de dur accueille mon crâne lors de ma chute et m’expédie au pays des songes.


Celui qui parle

« Greg ! Réveille-toi ! C’est moi, Steph !

J’entrouvre à demi les yeux. Ma gorge me fait mal. Au-dessus de moi, un visage flou me dévisage avec insistance en tenant l’une de mes mains. Je tente de le lâcher, mais les forces me manquent.

— Ne bouge pas, j’ai appelé de l’aide. Je t’ai cherché pendant un moment, tu sais.

— Suis ou ? lui dis-je dans un murmure, le pharynx en feu.

— Tu es en sécurité. On t’a retrouvé agonisant en plein désert. Tout va bien se passer, maintenant. Les secours arrivent. Tiens bon. »

Je me sens très mal. Le grand gaillard au-dessus de moi me parle, mais ses mots semblent se confondre avec celui de l’autre qui se trouve à travers lui.

« Qui t’es ?

— C’est moi, Steph, me répond-il. Pourquoi ai-je entendu ton père ?

— Tu t’es relevé pendant que je venais en aide à David. Je te croyais inconscient. Quand je suis revenu te voir, tu avais disparu ainsi que le type allongé à côté de toi. David n’a rien de grave, juste une blessure à l’épaule. Greg. Heureusement qu’un vieux bonhomme nous a indiqué l’endroit où tu te trouvais, car sans lui, on aurait eu du mal à te retrouver, tu sais.

— J’ai fait ce que tu m’as dit Papa ! Je me suis relevé, et j’ai fa…

— Eh ! Greg, regarde-moi, c’est moi, Steph. Tiens bon, on va te sortir de là. Le vieux nous a dit, avant de disparaître mystérieusement, de te faire savoir que tout est en ordre maintenant. Ça te dit quelque chose ?

— J’ai fait ce qu’il fallait… J’ai essayé, tu sais, balbutiais-je.

— Bien sûr que tu as fait ce qu’il fallait. Tu nous as sauvé la vie, Greg ! Les mecs, c’étaient des trafiquants de drogue. Quand tu étais dans les pommes, j’ai jeté un coup d’œil dans leur voiture et j’y ai trouvé de grosses quantités d’héroïne ainsi que des armes de gros calibre. Greg. Tu le crois ? Tu as fait ce qu’il fallait, crois-moi. C’était lui ou nous. »

Le visage de mon père me sourit. Je lui rends son sourire.

 



Toutes les droites pour „Errance“ appartiennent à son auteur (Pascal Othon).
Il a été publié sur e-Stories.org par la demande de Pascal Othon
Publié sur e-Stories.org sur 31.12.2016.



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