Patrice Faubert

L'apprentissage de la saloperie

" 12 juillet - Visite aux abattoirs de la Villette. Ces taureaux qui ne veulent pas entrer à la boucherie, qui, sans doute, à l'odeur sentent ce qui les attend et qu'on pousse de derrière. Un d'eux, au moment où il allait entrer, lança un mugissement déchirant. Un autre avait dans les yeux une expression d'une angoisse contagieuse, terrible. On dit: ils ont peur parce qu'ils voient. Mais non, ils ont peur, avant de voir, à l'extérieur. C'est sans doute l'odeur. L'abattoir israélite - le plus cruel. Au moins cinq minutes d'agonie. Ensuite, ce demi-rabbin avec le couteau à la main pour pratiquer la saignée, quel spectacle odieux ! Tout le temps que j'étais dans ces abattoirs, ai pensé aux camps de concentration. C'est l'Auschwitz des bêtes. "
 
Cioran ( Cahiers 1957 - 1972, ED: Gallimard )
 
L'apprentissage
De la saloperie
La saloperie
De l'apprentissage
Au tout basé
Sur la compétition
Sur la rivalité
Sur la hiérarchisation
Il suffirait, néanmoins, d'apprendre autre chose
Au tout entraide, au tout senteur de rose
Et comme tout naît de l'ennui
Quand elle se conjugue avec la vie
Identification, sublimation, projection, mélancolie
Et c'est ainsi
Que le 26 décembre 1860
Le football, naquit
Certes, 32 joueurs à l'époque
Du règlement encore un peu toc
Tout cela, à Sheffield, en Angleterre
De la future addiction pour la classe ouvrière
De beaucoup de sports, le pays du naguère
Avec toute une reproduction des rôles
Et pas seulement du joueur au goal
Du fils de médecin comme le père
Du fils de marin comme le père !
De la fille d'avocate comme la mère
De la fille d'ouvrière d'usine comme la mère
Du fils de notaire comme le père
Du fils de ceci ou du fils de cela
De la fille de ceci ou de la fille de cela
La lutte des classes, c'est bien aussi, cela
Même et surtout
Et l'on ose nous traiter de folles et de fous
Il faudrait donc abolir
Toutes les classes sociales
Toutes les castes sociales
Être l'acousticien
Être l'acousticienne
Des sons de la politique
Des sons de l'écologique
Où l'on voit, par exemple, et c'est tragique
Le système forestier
Toutes les forêts adaptées à l'industrialisation
En réponse aussi, à une démente surpopulation
Donc, comme les épicéas
Pour des constructions éphémères, voilà
De la construction bas de gamme
Secret de la fabrication pauvre, vrai drame
Et ce, de la nourriture au logement
Tout un même prolongement
Avec un total mépris des gens !
Monoculture et supermarché du bois
Nourriture et supermarché, pour lui, elle, moi, toi
L'arbre est et était pourtant le meilleur ami
Des êtres humains
Mais par eux, des arbres sont abattus et déracinés
Comme pour les animaux non-humains
Des camps de concentration
Des camps d'extermination
Cochons, canards, lapins, volailles, vaches, agneaux
Veaux, chevaux, et autres divers animaux
Par des tueurs pas forcément des salauds
Mais il faut bien gagner sa vie
Et avec cet irréfutable alibi
Et oui, tout est permis
Comme l'on dit
L'apprentissage de la saloperie
La saloperie de l'apprentissage
Comme pour la coupe rase systématisée
France
750.000 km de haies arrachées
Avec de l'inondation
Avec de l'érosion
D'engrais chimique, au tout perfusé
OGM, dix pour cent environ, des terres cultivées
Ce, dans le monde
Insectes et mauvaises herbes, de la résistance
Face aux poisons, de la résilience
Surtout aux USA et en Argentine
Dans cette option, particulièrement crétine !
Fumigation aérienne
Au tout, des populations, cancérigène
Cancers, leucémies, tératologie néonatale
Apprentissage de la saloperie, tout suit, c'est fatal
Comme pour l'espèce humaine
Résistance aux antibiotiques
Première cause probable de mortalité en 2050, chiatique
Mais pour tout dit
Mais pour tout ce qui s'est dit
Mais pour tout écrit
Mais pour tout ce qui a été écrit
Ce que l'on dit, ce que l'on a dit
Ce que l'on écrit, ce que l'on a écrit
TOUT CELA
Ne vaut rien ou pas grand chose
En rapport, à ce que l'on vit, VRAIMENT
En rapport à ce que l'on a vécu, VRAIMENT
Sans se falsifier, consciemment et surtout inconsciemment
Et de tous temps, évidemment
N'étant là, pour rien vivre de personne, forcément
Il faut tout accepter, tout croire, aveuglément
De l'Histoire, ainsi que pour les petites histoires
Mentir pour se faire aimer
Aimer pour se faire mentir
L'apprentissage de la saloperie
La saloperie de l'apprentissage
Et à défaut d'un soi-disant message
Il n'y a dans ce puème, que de la rage !
 
Patrice Faubert ( 2020 ) puète, peuète, pouète, paraphysicien ( http://patrice.faubert.over-blog.com/ ) Pat dit l'invité sur " hiway index "
 
 
 
 
  
 

Toutes les droites appartiennent à son auteur Il a été publié sur e-Stories.org par la demande de Patrice Faubert.
Publié sur e-Stories.org sur 02.07.2020.

 

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